29 juin 2008


Une route laborieuse
C’est le départ. On avait un grand car de la compagnie Gana Transport, sûr et confortable. Par contre nous étions tous serrés, des glacières, des sacs et de plus en plus d’ordures tapissaient le sol du car. Partout, on ne pouvait marcher, c’était à chaque fois une gymnastique pour sortir.

Et nous sommes partis pour 36 h30 de route, la traversée du Sénégal d'Ouest en Est , puis direction Bamako, en suivant la même route que le train : Dakar, M'Bour, Kaolack, Tambacounda, Kidira, Diboli, (frontières), Kayes et enfin Bamako.
D'abord il a fallu deux heures pour sortir de Dakar. Bien plus loin, entre Kaffrine et Tambacouda, il n’y a qu'un mot pour décrire les routes. Si vous croyez avoir vu des routes pourries en France, voyez les routes africaines, vous n’aurez plus le même regard. Ce tronçon est effectivement une vraie ruche à nids de poules. Il y en avait partout.
Cette route, c’était vraiment l’aventure africaine, j’adore ! On sautait sur le siège, le chauffeur roulait dans la terre juste au bord du fossé pour amortir les chocs, il avait eu son diplôme de slalom haut la main. Il faut admettre que c’est dans pays comme ceux-ci que l’on trouve les conducteurs les plus habiles au volant. Nous étions pendant longtemps à pas plus de 20 km/h.
Nous avons croisé beaucoup de conteneurs sur de gros camions, certainement en provenance de très loin en Afrique, on retrouvait les Maersk et autres transporteurs, sûrement envoyés par DHL ou SDV, les géants de la logistique. Ce transit incessant jusqu’au bout de la nuit nous a beaucoup ralentit.

Les flics voleurs
Mais ce n’était pas seulement l’état des routes. Il y a aussi eu la longue série des flics corrompus. Tous les 20 km… tous les 3 km… tous les 10 km… à mesure qu’on se rapprochait de la frontière, un type en bleu faisait signe de s’arrêter. Pas le choix avec les barrages en bidons remplis de sable qui se dressaient sur notre passage.
On attendait. Quelques mots entre flics et un conducteur du bus, puis quelques billets : 1000 Fcfa de cédés. Aux flics suivants, 1000 francs, 1000 francs et encore 1000 francs jusqu’à au moins 20000 Fcfa avec tous ces uniformes bleus que nous avons croisés.

